Il y a dans le vélo des éléments extérieurs qui peuvent pourrir une belle session en campagne, que ce soient les rafales de grêles, la traversée de marcassins qui manquent de vous renverser ou la crampe qui se manifeste à 30 kilomètres de chez soi. Pour toutes ces raisons (et seulement pour celles-là ?), le spinning-bike, ou RPM, a été inventé il y a une vingtaine d’années aux Etats-unis. Aujourd’hui, il pullule dans toutes les bonnes salles de sport et studio de bien-être, entre le rameur et la presse à cuisse. Mais qu’est vraiment le spinning-bike, et surtout, à quoi sert-il ?

Visuellement, l’objet ressemble à un vélo à une roue, fixée à l’avant. De manière plus exhaustive, la bicyclette comporte un volant d’inertie, un cadre solide et une assistance électronique. le spinning-bike dispose de toutes les qualités d’un vélo classique. On peut même faire du pédalage en danseuse ! À ces accessoires habituels s’ajoute une résistance, qui permet de régler le degré d’effort.

L’ambiance positive de Damso à Chris Brown

« Pour autant, tempère Thibault Richard, entraîneur professionnel de cyclisme, il ne faut pas considérer le spinning-bike comme un outil dédié à la performance. Les mesures qu’il fournit sont un peu approximatives pour un travail précis. Les professionnels vont privilégier un home-trainer sur lequel ils installent leur propre vélo, avec leurs réglages etc. »

Tout l’intérêt du spinning-bike réside dans le fait de pratiquer en groupe, d’où son importance croissante dans les salles de sport. Ici, il ne s’agit plus d’avaler les kilomètres sur un vélo, mais, de manière plus ludique, de créer une ambiance positive, grâce à l’effort sur la selle. Florent Leyrat, coach à Dynamo Cycling nous éclaire : « Lors d’une session, qui peut aller de 45 à 90 minutes, le coach impose une trame musicale et rythmique sur laquelle se calque la quarantaine de participants. Le but, c’est de créer les conditions pour une forme de ‘lâcher-prise’, après le travail par exemple ; de dépasser le sport pour entrer dans une autre dimension. » Le choix de la playlist musicale est déterminant pour instaurer l’atmosphère souhaitée. Pour donner un exemple, Florent ouvre son cours avec Forever de Chris Brown, et utilise Feu de bois de Damso en tant que exutoire.

Point de distractions

Le coach confirme également que l’aspect performance est réduit à la portion congrue. Le spinning-bike chez Dynamo se pratique dans l’obscurité, sans indicateur de temps ou de performance. « Il faut exploiter l’énergie de la musique par le mouvement sur le vélo ». C’est donc le coach qui dicte le rythme, en parlant régulièrement, en expliquant la position et l’effort musculaire fourni. Chacun a son propre univers. Ce en quoi le spinning-bike a quelques affinités avec le yoga en groupe. « Certains coachs sont d’ailleurs des professeurs de yoga diplômés. Les pratiquants recherchent la même chose dans les deux disciplines : le bien-être spirituel ».

Fort de ses deux ans d’expérience au sein de Dynamo, Florent confirme que les cyclistes sont loin d’être le cœur de cible du spinning-bike. « Et c’est normal, le but recherché n’est pas du tout le même ! C’est un autre esprit. Nous avons beaucoup de curieux, mais aussi des habitués que l’on appelle ‘riders’, qui retrouvent en général le même coach. En salle, il n’y aucune distraction, pas comme sur la route, où il faut être concentré sur les éléments extérieurs, comme la circulation ou les conditions météorologiques. Nous sommes entièrement concentrés sur nous-mêmes et sur l’énergie collective dégagée. » Résumons, le spinning-bike se pratique sur un vélo, on pédale, mais ça a plus à voir avec le yoga que le cyclisme.

Source : Cyclingheroes